Il est des documents qui, dès les premières pages, changent la manière dont on regarde un pays. La note conceptuelle de la plateforme Decarbone RDC, portée par son plan stratégique 2026-2029 et signée de la main de Guylain Tshibamba, Président de Decarbone, fait partie de ceux-là. Loin des discours convenus sur le climat, elle défend une thèse aussi ambitieuse que dérangeante : la République Démocratique du Congo n’est pas un simple spectateur de la transition écologique mondiale, mais bien l’une de ses variables de contrôle décisives.
Un paradoxe congolais assumé
Le fil conducteur du document repose sur une tension féconde. D’un côté, la RDC dispose d’un patrimoine naturel qui en fait une pièce maîtresse du puzzle climatique planétaire. De l’autre, elle souffre d’un déficit structurel qui menace de la reléguer au rang de figurante. Cette contradiction, loin d’être esquivée, devient le point de départ de toute la réflexion menée par Guylain Tshibamba.
Le texte s’appuie sur un socle scientifique et juridique solide l’Accord de Paris, les travaux du GIEC, le Bilan mondial de 2023 et les avancées de la COP29 de Bakou sur le financement climatique pour rappeler une évidence trop souvent ignorée : les pays qui ont le moins contribué aux émissions historiques sont ceux qui en subissent les conséquences les plus violentes.
Ce que révèle la note : trois atouts, un handicap majeur
La lecture attentive du document fait ressortir une architecture argumentative en deux temps. D’abord, la démonstration de la puissance latente de la RDC. Ensuite, le diagnostic sans complaisance de ce qui l’empêche de la déployer.
Un patrimoine naturel stratégique
Le sous-sol congolais, véritable « coffre-fort minéral mondial », concentre les métaux indispensables aux technologies bas carbone.
La forêt du Bassin du Congo, présentée comme le poumon vert de la planète, joue un rôle de régulateur climatique irremplaçable.
Le potentiel hydroélectrique, qualifié d’extraordinaire, ouvre la voie à une énergie propre à grande échelle.
Un handicap systémique : le déficit humain
L’absence d’un capital humain climatique capable de porter les transformations nécessaires.
Un déficit d’éducation au climat qui prive la jeunesse des outils de compréhension.
Une forme d’ignorance climatique des décideurs, qui freine l’action à sa source même.
La réponse : former avant d’agir
C’est ici que la vision de Guylain Tshibamba prend toute sa force. Plutôt que de réclamer davantage de financements ou d’infrastructures réflexe habituel des stratégies climatiques, le Président de Decarbone pose un préalable trop souvent négligé : on ne peut agir sur ce que l’on ne comprend pas. La formation devient ainsi le socle de toute transition crédible.
Le dispositif s’organise autour de deux volets complémentaires.
Volet 1: Climate to School
Cible prioritairement les jeunes et le milieu scolaire.
S’appuie sur des programmes déjà éprouvés et leurs premiers résultats.
Prévoit un déploiement territorial adossé à des partenariats structurants.
Volet 2 : Leadership en Climat
Vise les décideurs et les acteurs de la transformation.
Combine formation, accompagnement et suivi dans la durée.
Ambitionne de combler le fossé entre le pouvoir de décision et la culture climatique.
Un plan opérationnel qui inspire confiance
Ce qui distingue cette note d’un simple manifeste, c’est sa dimension résolument concrète. Guylain Tshibamba ne se contente pas de proclamer des intentions : il structure une trajectoire en trois phases claires; Fondation (2026), Consolidation et Expansion (2027), puis Institutionnalisation et Scaling (2028-2029).
À cela s’ajoutent une gouvernance définie, des partenariats stratégiques, un modèle économique assorti d’un budget indicatif, ainsi que des indicateurs de performance et un suivi rigoureux.
Cette maturité méthodologique confère au projet une crédibilité rare dans un domaine où l’incantation l’emporte trop souvent sur la planification.
Le regard du journaliste : une vision qui dépasse les frontières
En refermant ce document, une conviction s’impose. La note signée Guylain Tshibamba réussit un tour de force : elle transforme un récit de vulnérabilité en récit de responsabilité et de puissance. Elle ne présente pas la RDC comme une victime à assister, mais comme un acteur central dont l’inaction ou l’action aura des répercussions sur l’ensemble de la planète.
C’est une invitation à repenser la place des pays du Sud dans la gouvernance climatique mondiale, et un rappel salutaire, porté par le Président de Decarbone, que la première ressource d’une nation reste son capital humain.
Pour aller plus loin
Cette présentation ne restitue qu’une fraction de la richesse du document, dont l’argumentaire complet mérite une lecture intégrale. La note conceptuelle de la plateforme Decarbone RDC, signée par Guylain Tshibamba, ainsi que son plan stratégique 2026-2029, sont disponibles en téléchargement dans leur intégralité sur le site de Decarbone.
Un document à découvrir, à débattre et, surtout, à faire circuler.
La rédaction











